top of page
Rechercher

Le rôle de l'alimentation dans le bien-être du cheval

Aujourd'hui j'ai envie de vous écrire un article un peu moins technique mais plutôt de vous partager une partie de mes réflexions. De nos jours, j'ai l'impression que l'alimentation du cheval ne reçoit pas encore l'attention qu'elle mérite. Pourtant, chez nous les humains, elle est reconnue pour avoir une influence sur notre bien-être. D'une part, une alimentation saine et équilibrée nous permet d'être en forme, permet à notre corps de fonctionner correctement et de fournir des performances sportives et mentales. D'autre part, l'alimentation a également un rôle sur notre bien-être psychique, sur notre humeur, la qualité de notre sommeil et j'en passe, ce qui a été démontré à plusieurs reprises. Mais alors, pourquoi chez le cheval ces aspects sont encore trop souvent négligés ? Pourtant le bien-être du cheval prend une place de plus en plus importante au sein de notre société, mais les nutritionnistes et autres profoessionnels s'intéressant à la nutrition équine doivent toujours se battre pour se faire entendre et démontrer l'importance de cette thématique.


L'alimentation du cheval est simple et compliquée à la fois. Le système digestif du cheval est fait pour consommer de la nourriture de façon lente et continue tout au long de la journée. Il tire la plupart de son énergie des fibres, contenues dans les fourrages grossiers. Une fois ce principe connu et appliqué, la moitié de la bataille est gagnée. Mais malgré son apparence à première vue simple, le système digestif du cheval est en réalité très sensible. Le moindre petit changement peut avoir un impact sur le bon déroulement de la digestion. Il est donc primordial de préparer chaque changement alimentaire de façon minutieuse.



Mais l'alimentation n'est pas la seule à avoir une influence sur le système digestif. Vous avez surement déjà remarqué que lorsque le cheval vit une situation stressante, par exemple un nouveau lieu, monter dans un van, une incompréhension avec son humain, un copain qui s'en va, il va crottiner plus souvent, voir avoir des crottins liquides. Le stress a donc une influence directe sur la digestion. Le stress ponctuel va accélérer les mouvements intestinaux, ce qui va augmenter la fréquence des crottins. Mais la situation de stress peut aussi être de plus longue durée. Par exemple un cheval qui ne se sent pas à l'aise dans son troupeau, qui n'a pas accès à de la nourriture suffisamment longtemps ou un cheval qui n'a pas assez de mouvement est exposé à un stress, souvent moins facilement perceptible. Les ulcères sont souvent mises sur le dos d'une alimentation trop riche en céréales. Effectivement, c'est un facteur de risque. Mais le facteur stress est tout aussi important ! Un cheval nourri avec du foin à volonté, détenu en stabulation avec des congénères, peut également développer des ulcères et malheureusement ce n'est pas rare. Les ulcères peuvent être une des conséquence du stress mais il y en a d'autres, comme par exemple les coliques.


Une alimentation qui n'est pas adapté au comportement naturel du cheval a une conséquence directe sur l'appareil digestif, mais peut également avoir des conséquences psychologiques et être impliquée dans le développement de stéréotypies, aussi connues sous le nom de tics. Un cheval qui ne passe pas suffisamment de temps à se nourrir, car il en a pas l'occasion, va rapidement s'ennuyer. Un cheval qui s'ennuie est susceptible de développer des schéma comportementaux répétitifs, qui deviennent alors des stéréotypies.


Je pense que si vous avez lu jusqu'ici vous vous êtes rendus compte à quel point l'alimentation du cheval et le bien-être sont liés et s'influencent mutuellement. Pour concevoir une ration adaptée au cheval, celui-ci doit être considéré dans son ensemble. Il n'est pas possible de créer une ration adaptée en ne connaissant pas son mode de détention ou son activité (donc lorsqu'on vous propose une prestation de calcul de ration sans vous poser des questions la dessus, fuyez). De même, une ration parfaitement équilibrée ne suffira pas à éviter les problème liés à l'appareil digestif, si le bien-être du cheval n'est pas assuré. Celui-ci est fortement dépendant de ses besoins au naturel et donc de son alimentation. Une ration adaptée aux besoins nutritionnels et comportementaux du cheval est la base pour avoir un cheval en bonne santé physique et mentale. Il est temps que l'alimentation soit considérée à sa juste valeur dans le bien-être des chevaux et je vous remercie, vous tous qui avez pris le temps de lire jusqu'au bout, pour votre intérêt dans cette thématique. Avec votre aide, je suis convaincue que nous allons y arriver ;).

191 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout
bottom of page